Rencontre avec Éric et son projet Airduino

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Rencontre avec Éric et son projet Airduino
Actualité
04 Juillet 2018, 12:34 (Mis à jour : 20 Août 2018, 12:08)
L'open source, ça vous parle ? Pour Eric c'est une passion, un état d'esprit ! Il nous présente ici son projet "AirDuino".
Avec 2 de tes amis, vous avez lancé en 2012 le projet "AirDuino". Tu peux nous expliquer de quoi il s'agit ?

Il s’agit d’un exercice de liberté : pouvoir développer librement et sans contraintes.

Au départ, c’était pour le plaisir de faire de la compétition de robots à l’aide de systèmes programmables (Arduino). Cela nous a permis de mixer la passion de l’informatique et celle de l’électronique. C’était aussi pour le plaisir de la réflexion et de la création, le tout au travers de choses tangibles, des machines réelles.

C'était divertissant de se mesurer et de progresser dans un domaine dans lequel nous n’étions jamais allés. C’est l’occasion de faire et de montrer des choses aux gens, de les faire réfléchir, de les émerveiller ! C’est aussi une manière de montrer au monde tout ce que l’open source a à apporter en terme de liberté.

Dès le début de l’aventure, j’ai profité de cette activité pour la partager et pour l’exposer (tout particulièrement sur le forum). J’ai notamment fait une conférence sur l’Arduino en 2012/2013.

L’open source est une énorme communauté et c’est justement dans cet esprit de partage qu’elle se développe. Il faut savoir créer cet esprit de partage par des rencontres, des associations et des regroupements totalement désintéressés. Ainsi, AirDuino nous a permis de rencontrer des gens qui ont marqué ou qui marquent encore l’open source, des personnalités influentes.

Au niveau de ses membres, le nombre varie en fonction de nos activités. Fabrice, un des membres initiaux, a eu des soucis personnels 1 an après le début et l’aventure et a dû arrêter de développer avec nous. Nous avons ensuite rencontré Jérémy à un de nos premiers rassemblements et il est depuis devenu un membre extrêmement actif. Au final nous sommes un noyau dur de 2-3 personnes et petit à petit, au fur et à mesure des rencontres, des projets, des envies et disponibilités de chacun, nous comptons une dizaine de personnes qui se rassemblent pour les évènements à l’extérieur, mais aussi chez moi, dans mon atelier.

Aujourd’hui, notre plaisir, c’est de passer constamment d’une chose à l’autre, de gérer plusieurs types projets en parallèle avec plusieurs groupes de participants. À force de multiplier les projets, on a eu l’impression d’accumuler les réussites et on est à la recherche de l'échec et de nouveaux challenges pour nous améliorer constamment.

Quels types de robots avez-vous réalisés ?

Nous développons des robots qui se programment et qui se déplacent en fonction d’une ligne que tu traces. Ainsi, ils agissent en fonction de cette ligne et surtout de sa couleur. C’est ce qu’on appelle des robots “suiveurs de ligne”. Il a aussi les robots sumo (un robot qui a pour but de sortir d'un cercle un autre robot en n'utilisant que ses roues, à la manière du sumo), des robots labyrinthe ligne (un robot qui est de type suiveur de ligne et qui est capable de trouver son chemin dans un labyrinthe dessiné avec des lignes au sol).

Nous avons également développé un drone il y a quelque temps. À l’époque, nous avions tout préparé et le drone était prêt à voler mais aucun d’entre nous n’était capable de le piloter. C’était à l’époque une technologie peu connue et où peu de personnes étaient capables de les piloter. Nous avons donc essayé de faire appel à des personnes extérieures (notamment dans les clubs de modélisme). Malheureusement, nous n’avons trouvé personne et il a fallu nous former nous-même à l’aide de petits drones du commerce pour avancer dans ce projet.

Aujourd’hui, nous sommes au top ! Nous avons d’ailleurs fait l’acquisition d’une aile volante récemment. Il y a aussi eu plusieurs projets de micro fusée, de retro-gaming et même un ballon stratosphérique !

Quel est ton rôle dans la fabrication de ces robots ?

J’ai la totalité des compétences techniques pour développer ces robots mais je travaille constamment à en acquérir de nouvelles, à en améliorer certaines même si je sais que certaines de mes compétences vont stagner ou ne pas aller plus loin. J’ai également la capacité de réunir les talents, les personnes, pour qu’ils puissent apporter ce qu’ils savent de leur mieux et participer à des activités sans contrainte. Au final je suis sur tous les plans : organisation, réflexion, réalisation. L’atelier est d’ailleurs chez moi et c’est là que se passent beaucoup de nos rencontres.

Au final, tu as un pied dans toutes les étapes de vos projets. Une préférence ?

Mon domaine de prédilection c’est de donner. Il existe un proverbe qui dit que “quand on donne, le cœur passe par sa main”. Quand tu es dans les grands évènements, tu rencontres beaucoup de gens avec des profils très différents et parfois, il y a des rencontres qui peuvent changer la vie. Sur les expositions, je fais des rencontres et je noue des liens que j’essaie de tenir sur le long terme.

Au final, ce que j’aime vraiment c’est la transmission, le partage. Je donne d’ailleurs des cours de modélisation de temps en temps. J’essaie également d’apporter une touche poétique et artistique dans ce que je partage, dans ce que je crée.

Ce que je recherche également, c’est résoudre des problèmes que je n’aurais pas rencontrés seul, me lancer dans des projets stimulants sur le plan intellectuel. C’est vraiment quelque chose dont j’ai besoin : être en activité, en recherche de nouveautés, d’occasions, de toutes sortes.

Pendant les expos, j’organise souvent des défis. Que ce soit des défis que je donne aux visiteurs ou des défis pour les personnes qui m’accompagnent, mon but est qu’ils cherchent à se surpasser et qu’ils voient ce que ça fait d’échouer et de réussir. Je pense que dans la vie on ne perd jamais, soit on gagne, soit on apprend.

En 2013, AirDuino s'est équipé d'une imprimante 3D Prusa Mendel i3 Rework de chez eMotion Tech. Qu'est-ce que cela a changé pour vous ?

L’impression 3D est quelque chose que je suis depuis très longtemps. Déjà petit, la fameuse machine du professeur Tournesol dans “Tintin et le lac aux requins” m'avait fasciné. En 1993, ils commençaient à en parler à la télé sur Arte et j’ai eu la chance dans mon travail de pouvoir manipuler des pièces imprimées. J’ai suivi dans l’actualité technique et scientifique depuis les débuts du mouvement rep-rap. Quand nous avons commencé à penser à nous équiper d’une imprimante 3D, j’ai dit au groupe que nous n’avions pas les moyens et que la technique n’était pas encore tout à fait adaptée à ce dont nous avions besoin. En attendant, j’ai fabriqué une CNC pour l’utiliser dans la fabrication de nos robots, pour pouvoir expérimenter mes connaissances et me lancer dans le challenge du développement technique.

En 2012, j’ai rencontré l’équipe de eMotion Tech et, dès que les machines ont commencé à correspondre à nos besoins, nous nous sommes équipés d’une Prusa i3. À une époque, je passais d’ailleurs pas mal de temps dans vos anciens locaux. Je vous vois évoluer depuis pas mal de temps !

Du coup, j’ai vu se développer la technologie et son évolution et, quand j’ai senti qu’elle était arrivée à ce dont j’avais besoin, je me suis équipé.

Quel est le projet dont tu es le plus fier, ta plus grande réussite ?

En 2016, j’ai participé au Fabrikarium, un hackathon de 2 jours ½ né de l’échange entre Nicolas Huchet et les personnes chargées du handicap chez Airbus. Le tout basé sur l’open source bien sûr.

Le but de ce hackathon était de créer une prothèse de main robotisée sur la base de ce qu’il avait mis 6 mois à fabriquer dans un FabLab en Allemagne. Ici, nous devions faire 2 prothèses avec un groupe d’environ 15 personnes grâce à un matériel fourni et un modèle de main open-source. Nous devions créer un dérivé de cette main robotisée avec des fonctionnalités supplémentaires. Derrière la réalisation en elle-même, ce qui était vraiment enrichissant était de vivre l’expérience et vécu la démarche.

J’ai réellement le sentiment que l’aboutissement de ce projet aurait été difficile si je n’avais pas eu les compétences que je possède car techniquement c’était très compliqué. C’était un challenge car il y avait du monde, un confort assez restreint et un temps limité. Développer avec un matériel inconnu et assez réduit créé des difficultés autres que quand tu es chez toi dans ton atelier. Mais c’est quelque chose que j’aime particulièrement.

Cela fait déjà 6 ans que l'équipe d'AirDuino existe. Quels sont vos prochains projets ?

On a envie d’aller toujours plus loin, de rencontrer toujours plus de monde, d’aller à la rencontre des gens, de transmettre.

Quand on voit le nombre de personnes qui ont gravité autour des projets pendant 1 mois, 6 mois, 1 an, c’est quelque chose de super motivant. C’est un peu compliqué à gérer et il y a beaucoup d’échanges de mails mais ça vaut vraiment le coup. Ensemble, nous découvrons toujours de nouvelles choses. La dernière en date ? La fonderie ! Dans cette optique, on travaille toujours dans une démarche pédagogique d’apprendre à apprendre.

Tu possèdes plusieurs imprimantes 3D à titre personnel. Tu peux nous parler de quelques projets que tu as réalisés avec ?

Pendant les expos, je réalise des impressions à l’aide des machines de chez eMotion Tech et à la fin, je donne les pièces imprimées. C’est un peu mon délire artistique, une volonté de répartir les objets que j’ai créés à travers le monde, à travers les gens pour les relier à un instant, pour créer chez eux des émotions. C’est vraiment quelque chose qui m’anime à fond. J’aime aussi créer des objets du quotidien auxquels j’essaie d’apporter un côté artistique. Ce sont souvent des exemplaires uniques.

J’aide également un maquettiste professionnel qui fait des satellites à l'échelle du minuscule (pièces de 2 mm de haut et de 1 mm de diamètre).

L’impression 3D fait vraiment partie de mon quotidien, à tel point qu’il est rare que je passe plus d’un jour sans imprimer. J’ai souvent 3 imprimantes qui tournent en simultané dans mon atelier. Au total, j’ai construit 9 imprimantes.

J’ai d’ailleurs commencé à faire évoluer mes 2e et 3e imprimantes 3D en découpe laser parce que c’était une technologie que je maîtrisais, et qui était accessible pour moi avant que l’impression 3D ne le soit.

Merci à Eric pour avoir répondu à nos questions et avoir partagé son expérience avec nous !

Si vous souhaitez en savoir plus sur son projet AirDuino, vous pouvez consulter tout son historique juste ici : https://bit.ly/2AlPmyS

© Photos : Eric P. - Auteur : Fiona


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